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Sauvons les Jubaea Chilensis :convention INRA/SNP

mercredi 16 avril 2014 - Rédaction SNP

Entre Michel Bariteau Président du centre INRA PACA et l’association "Sauvons Nos Palmiers" SNP représentée par son président Hervé Pietra une convention est intervenue par laquelle notre association offre d’aider pendant huit mois la villa Thuret à se protéger contre les attaques de charançon rouge du palmier. Il s’agit en particulier d’effectuer une opération d’assainissement mécanique sur un Jubaea de grande taille déjà attaqué par le charançon et de mettre en place un dispositif de douchage par turbines d’arrosage installées sur la couronne permettant de traiter régulièrement à titre préventif (nématodes) un ensemble de palmiers de grandes dimensions, à haute valeur patrimoniale, essentiellement des Jubaea chilensis, à partir du sol.

L’association sera conseillée par Sophie Bourguet ( biologiste- eco physiologiste végétale). Les travaux sont confiés à l’entreprise toulonnaise Atoll paysage Yannick Julienne. Les interventions seront suivies et effectuées sous contrôle de Catherine Ducatillion INRA Directrice UE VT et Jardin botanique Villa Thuret .

Pour l’association c’est d’abord une expérience passionnante ensuite une opération de mécénat dans la limite de ses moyens financiers, de nature à accroître sa notoriété auprès des propriétaires de palmiers et dans la communauté scientifique. Pour l’INRA qui gère pour le compte de l’État ce jardin d’acclimatation cette convention fait partie d’un ensemble de mesures visant à mobiliser des moyens extérieurs à l’unité UEVT de l’INRA afin de mettre en œuvre un plan de lutte et assurer la sauvegarde des collections patrimoniales de palmiers de la Villa Thuret.


Les palmiers à la Villa Thuret (note de l’INRA) 
Lorsque Gustave Thuret s’installe sur la Côte d’Azur en 1857, l’acclimatation d’espèces exotiques de palmiers par les amateurs et les collectionneurs vient juste de commencer. Hormis le Chamaerops humilis autochtone, et le dattier présent sur la future Rivera depuis plusieurs siècles, les espèces désormais communes n’apparaitront qu’au cours de la 2eme moitié du 19eme siècle sur notre territoire. Les graines arrivent à la Villa Thuret où elles sont enregistrées et permettent de dater les introductions. Par exemple, Jubaea chilensis arrive à Antibes en 2 vagues : 1858 et 1860.
Charles Naudin qui se dit « l’inventeur » du Jubaea, car il a introduit les premières graines en France, deviendra en 1878 directeur de la Villa Thuret qui acquiert au fil des années une position historique et scientifique centrale dans l’univers des palmiers acclimatés.

Les palmiers à la Villa Thuret ( note de SNP) 
A titre d’information que le Jubaea fait partie de la tribu Cocoseae, c’est à dire qu’il s’agit d’un cocotier. Il produit donc de nombreuses noix de coco, de petite taille, dont la partie blanche à l’intérieur a strictement le même goût que celle d’une noix de coco du commerce.
En revanche, il faut attendre de 60 à 80 ans avant qu’ils deviennent adultes, et produisent leurs premières inflorescences qui donneront naissance aux premières noix de coco (souvent mangées par les écureuils à la villa Thuret : on les retrouve avec des trous avec la marque des dents)
Le Jubaea n’est pas le seul palmier à perdre spontanément ses anciennes palmes : il y en a des tas d’autres ! On peut citer Copernicia baileyana par exemple : http://dasignsourcebotanicals.com/plantphotos/Copernicia_baileyana.jpg ou bien tous les palmiers à crownshaft ! (au moins des centaines d’espèces)
Autres lieux où il est possible d’en admirer : au bord de la nationale de Villeneuve-Loubet vers la Marina. Ou bien sur un parking à Menton à coté de la voie ferrée, ou sur un parking à Cannes-la-Bocca, dans le jardin d’une résidence à Juan-les-Pins, ou bien au bord de la nationale à Golfe-Juan en allant sur Cannes, et dans des jardins privés autour, etc. etc. Pas faciles à trouver mais ils existent. 
À noter l’existence d’un splendide hybride entre Jubaea chilensis et Butia capitata dans le jardin de l’Esquinade à Menton, propriété d’Edouard Mazzola et sa femme, dont les fruits donc succulents ! (comme ceux du Butia, et avec la noix de coco à l’intérieur).

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