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Premiers commentaires de presse : le lien horticole

dimanche 30 décembre 2018 - Rédaction SNP

L’Anses(1) a annoncé mi-décembre la publication d’un rapport sur les stratégies de lutte contre l’un des plus gros ravageurs des palmiers : le charançon rouge.

Depuis sa première détection en 2006 en Corse et dans la région Provence Alpes Côte d’Azur, cet insecte n’a cessé de progresser sur l’ensemble du littoral méditerranéen, causant la mort de nombreux palmiers en les détruisant de l’intérieur. Les suivis mis en place depuis une dizaine d’année par les FREDON(2) permettent de reconstituer l’évolution de la contamination au cours du temps. Il en résulte que l’aire de répartition du ravageur se situe essentiellement en méditerranée. Quelques foyers ont été recensés en Bretagne et en Normandie.

Classé comme organisme nuisible réglementé, le charançon rouge du palmier (Rhynchophorus ferrugineus) est soumis à des mesures de lutte obligatoire(3). L’Anses a été sollicitée par le ministère en charge de l’Agriculture en 2017 en vue d’améliorer la stratégie de lutte. Dans son rapport rendu fin 2018, le groupe d’expert détaille les stratégies de lutte et rappelle l’importance de la combinaison des mesures de lutte. De plus, pour une pertinence des moyens mis en œuvre en fonction du niveau d’infestation, le rapport préconise différentes stratégies de lutte en fonction de la zone.

Eradiquer le charançon dans la zone centre-atlantique
Dans la zone centre-atlantique, les experts de l’Anses estiment qu’une éradication du ravageur est encore possible. Pour ce faire, ils détaillent une série de mesure à mettre en œuvre, avec en premier lieu des mesures réglementaires pour l’importation de plants de palmiers en provenance de pays tiers, et une quarantaine végétale pour la circulation des palmiers venus de la zone méditerranéenne. La surveillance et le suivi phytosanitaire avec piégeage sont aussi évoqués. Ils proposent également la création d’une application mobile et d’une base de données afin de rassembler les informations, et préconisent la mise en œuvre d’assainissement mécaniques (y compris des abattages d’arbres) et l’utilisation de méthodes de protection chimique et/ou biologique.

Pour limiter la progression du ravageur, une protection préventive autour des foyers émergents est nécessaire. Le rapport rappelle également de ne pas oublier de solliciter les professionnels d’espaces verts, de pépinières et de jardinerie, non seulement pour la surveillance mais aussi pour la communication et la vulgarisation, puisqu’ils sont en contact direct avec le grand public.

Limiter sa progression dans la zone méditerranéenne
Le charançon est aujourd’hui très présent en méditerranée et il ne semble plus envisageable de l’éradiquer de cette zone. Le seul scénario restant contre cet organisme est de limiter sa progression. Par ailleurs, le rapport de l’Anses met en garde contre les promotions réalisées par des sociétés de méthodes de lutte auprès des collectivités et particuliers. Ces sociétés suscitent parfois des espoirs infondés, voire dangereux dans le cadre d’une lutte collective contre le charançon.

Deux méthodes de lutte sont préconisées par l’Anses sur le littoral méditerranéen : l’utilisation de deux produits de lutte biologique (Beauveria bassiana et Steinernema) associée au piégeage de masse à base de phéromones ou une injection de benzoate d’emamectine combinée ou non à un piégeage de masse. La première méthode est la moins préjudiciable pour l’environnement tandis que la seconde est la moins couteuse. L’Agence évoque une troisième solution, la méthode « Attract-and-Kill » qui est une variante du piégeage de masse. Cette dernière n’est pas encore au point mais semble prometteuse.

Les experts de l’Anses estiment toutefois que même la stabilisation des populations de charançon rouge du palmier serait très coûteuse et nécessiterait une action sur le long terme sur l’ensemble des communes du littoral méditerranéen. Une proposition alternative est de protéger des palmiers sélectionnés pour leur importance patrimoniale et de remplacer les autres par d’autres espèces végétales. Le tout en limitant l’extension du ravageur dans les zones où il n’est pas encore présent par des mesures préventives.

(1) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail
(2) Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles
(3) Suite à la décision d’exécution 2018/490 de la Commission Européenne du 21 mars 2018, les mesures d’urgences destinées à éviter l’introduction et la propagation du charançon rouge sont abrogées depuis le 1er Octobre 2018. Toutefois il reste un organisme de lutte obligatoire sur le territoire français et l’apposition du passeport phytosanitaire européen (PPE) demeure obligatoire sur les palmiers en raison de la réglementation relative au Paysandisia archon.

Source : Rapport d’expertise collective de l’Anses « Stratégies de lutte contre le charançon rouge du palmier » 2018.

Légende photo : Le dépérissement des palmes et la chute du sommet des arbres est l’œuvre du charançon rouge du palmier. ©Léna Hespel

Léna Hespel

Publié le mercredi 26 décembre 2018 - 15h22

 nos commentaires :

1- Avancer que le phénomène a été bien suivi par les autorités est un vrai sophisme. Manque de personnel, manque de volonté des collectivités locales, sous déclaration manifeste des infestations, absence d’un SIG digne de ce nom au niveau régional ...... le phénomène a toujours été très mal connu et totalement subi. Le ministère pour ne fâcher personne n’a jamais mis en œuvre les foudres de la loi...... l’impunité première étant incarnée par le maire de Nice.

2- les mesures conseillées pour la zone atlantique sont judicieuses et de bon sens et auraient pu être appliqués sur la zone méditerranéenne ( on pense en particulier à la prohibition des importations). On aurait bien aimé quelques chiffres sur les populations estimées mais avec le réchauffement climatique les Phœnix pour se retrouver beaucoup plus haut prévu.

3- On comprend mal qui est visé par "ces sociétés suscitent parfois des espoirs infondés, voire dangereux dans le cadre d’une lutte collective contre le charançon." on pense évidemment à SYNGENTA et à la CAVEM mais nous considérons que c’est tout de même très injuste.....

4- Last but not the least, la formidable réhabilitation du piégeage massif pour lequel nous guerroyons depuis des années. SNP pense même qu’avec M2 I LF nous avons une avance technologique évidente qui peut renverser tous les facteurs et permettre une véritable pourquoi pas éradication ...... il y a beaucoup d’innovations à court terme à mettre en œuvre des groupes de travail sont en cours de constitution, tout le monde est invité.

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