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Néonicotinoïdes : le vent tourne....

vendredi 15 janvier 2016 - Rédaction SNP

les néonicotinoïnes seraient-ils sortis du couloir de la mort ? Bonne nouvelle pour nous qui n’avons que cet insecticide, pour combattre, stratégie 2, le tueur de palmiers.

En tout cas c’est la confusion........

La députée européenne Michèle RIVASI, l’association POLLINIS sont sur le pied de guerre, ils vont chacun de leurs pétitions pour rappeler au ministre ses engagements concernant le retrait de cette molécule alors même que le soutien du gouvernement aux amendements ad hoc à l’Assemblée nationale et au Sénat semble cruellement faire défaut.

 Quels sont les éléments nouveaux ?

 Une nouvelle étude de l’INRA démontre sans aucune contestation possible que l’exposition des abeilles aux néonicotinoïdes n’a aucun impact sur la production de miel. Le 20 novembre dernier, l’Inra a présenté les résultats d’une nouvelle étude qui apporte un éclairage pertinent dans le dossier sensible des néonicotinoïdes. Publiés le 18 novembre dans la revue Proceedings de la Royal British Society, ces travaux ont consisté à évaluer la solidité d’une précédente étude publiée en mars 2012 par Mickaël Henry (Inra) et Axel Decourtye (Acta), et qui a servi d’alibi au ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, pour interdire unilatéralement l’usage du Cruiser sur le colza à quelques jours des élections législatives de juin 2012.

Il est vrai que les conclusions de ces deux auteurs ne laissaient aucun doute sur la responsabilité du Cruiser dans le phénomène d’effondrement des colonies d’abeilles. Après avoir dopé 653 butineuses au moyen d’une solution sucrée contenant des doses élevées de thiaméthoxam (la matière active du Cruiser), les chercheurs avaient mesuré les sorties et rentrées de ces abeilles à la ruche à l’aide de micropuces RFID collées sur leur thorax. Grâce à un modèle mathématique, ils avaient ensuite simulé l’évolution démographique des colonies d’abeilles en période de floraison. « Cette étude indique ainsi qu’une exposition des abeilles butineuses à un insecticide néonicotinoïde pourrait affecter à terme la survie de la colonie, même à des doses bien inférieures à celles qui conduisent à la mort des individus », concluaient-ils.

Saisie de l’étude, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait toutefois relevé quelques anomalies dans le protocole des travaux de Henry et al. Notamment en ce qui concerne le traitement statistique, inadapté, et le modèle de dynamique des populations, qui aboutissait aux conclusions dramatiques sur la survie des ruchers. L’Anses avait estimé que le modèle théorique choisi par l’équipe Henry-Decourtye (modèle Khoury et al.) « ne [pouvait] pas être utilisé pour simuler in situ la dynamique d’une population d’abeilles ».

Enfin, l’Anses estimait que les doses administrées aux butineuses étaient bien plus importantes que celles auxquelles les abeilles sont exposées en conditions réelles : « L’interprétation des auteurs selon laquelle la dose de thiaméthoxam de 1,34 ng/abeille serait communément rencontrée sur le terrain est considérée comme non vérifiée par les observations disponibles  ».

Par ailleurs l’agence européenne de sécurité sanitaire EFSA vient de lancer un "Open call for new scientific information as regards the risk to bees from the use of the three neonicotinoid pesticide active substances clothianidin, imidacloprid and thiamethoxam . C’est un travail considérable de 376 contributions de 48 sources différentes.

 A la commission de trancher le moins qu’on puisse dire, est que la partie est loin d’être terminée.

Dernière contribution de L’ANSES Voir PJ l’agence prudemment demande le maintien des mesures de protection provisoire, mais elle écrit aussi " il manque toujours des connaissances importantes concernant l’impact des néonicotinoïdes sur les abeilles. Par ailleurs, il n’est pas possible d’évaluer les effets sur les espèces sauvages à partir des éléments disponibles uniquement pour les abeilles domestiques (notamment du fait de différences de comportement selon les espèces).

 Ce qui nous permet de dire, car à l’expérience c’est à la fois le plus efficace et le moins cher, le Confidor est sorti du couloir de la mort. Mais attention, il s’agit d’un produit dangereux qui s’attaque au système nerveux. Son acquisition et son utilisation sont strictement réservés aux professionnels titulaires du certiphyto au cours duquel ils apprennent toutes les précautions à prendre en matière d’équipements individuels EPI, de respect des vitesses de vent, des délais de rentrée, des ZNT, de la protection de la nappe phréatique, de protection des pollinisateurs...... de l’arrêté du 21 juillet 2010 portant protection de nos palmiers.

A&E lettre de Gil Riviere-Wekstein résume parfaitement cette question dans cette roborative vidéo :

 

Autre lecture conseillée : par l’association française d’information scientifique AFIS, un numéro spécial totalement consacré aux pesticides rédigé par des scientifiques.

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