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lutte contre...... la désinformation !

mercredi 8 février 2012 - Rédaction SNP

 Nous n’avons pas voulu laisser sans réponse cet article tendancieux qui fait ici l’objet d’un commentaire très argumenté de la part de notre conseiller scientifique.

From : Ferry Michel
Sent : Wednesday, February 08, 2012 9:15 AM
To : Courboulex Michel
Subject : Urgent : charançon rouge des palmiers. endothérapie

Bonjour

On vient de me faire parvenir votre avis publié dans Var-Matin sur l’utilisation de l’endothérapie dans le cadre de la lutte contre le charançon rouge des palmiers (CRP).

J’ai beaucoup d’estime pour le travail d’information que vous conduisez depuis longtemps dans cette bataille très importante pour des pratiques agricoles qui respectent l’environnement et la santé. Concernant le CRP, vous avez aussi accepté de publier deux de mes articles ainsi qu’un article de Eric Guerville.

C’est pourquoi j’ai été très surpris par votre appréciation très négative de l’endothérapie. Il me semble qu’elle repose, au moins en partie, sur des informations techniques erronées véhiculées depuis un certain temps quelques « experts » en mal de notoriété ou par des sociétés qui craignent, complètement à tort d’ailleurs, pour la vente de leurs produits bio. La lutte contre le CRP, plus qu’à un débat qui ferait rage entre véritables experts de ce sujet (nous constituons une petite famille internationale assez unanime sur la stratégie à adopter) fait l’objet d’une propagande féroce entre firmes et inventeurs de tous poils qui voient dans le CRP non pas une catastrophe mais une opportunité pour faire des profits, chacun annonçant bien évidemment qu’il détient la solution technologique miraculeuse.

Cette propagande qui ignore totalement des dizaines d’années de recherche, d’applications et de résultats dans la lutte contre le CRP, y compris sur l’emploi de l’endothérapie (plus de 50 ans de recul !), nuit considérablement à la bataille très difficile que nous sommes quelques uns à mener pour sauver les palmiers...et le temps est compté. 

Je suis convaincu que vous aurez à cœur de contribuer à cette bataille en diffusant une information rigoureuse et c’est pourquoi je vous serais gré de m’accorder un droit de réponse en publiant le texte qui suit.

Avec tous mes remerciements.

Bien amicalement.

Michel Ferry

 

 

L’endothérapie dans le cadre de la lutte intégrée contre le CRP

L’endothérapie dans le cadre de la lutte intégrée contre le CRP n’est pas proposée à titre curatif mais à titre préventif et ce, non pas pour une longue durée mais pour une période courte, limitée dans le temps.

En curatif, une méthode d’assainissement mécanique des Phoenix canariensis, cible principal du CRP, a été mise au point depuis 2007 par l’INRA. Elle constitue la seule méthode curative autorisée dans le cadre de l’arrêté ministériel du 21 juillet 2010 sur l’éradication du CRP. Elle est appliquée avec succès par les professionnels formés et seuls habilités à intervenir en zone infestée. 

Par contre, en préventif, le traitement actuellement autorisé qui consiste à pulvériser soit un insecticide chimique (l’imidaclopride) soit des nématodes (Steinernema carpocapsae) en haut des palmiers présente de très gros défauts. Comme l’insecticide bio ou chimique pulvérisé a une persistance d’action qui n’excède pas 3-4 semaines, il faut renouveler fréquemment les traitements, ce qui est à la fois couteux et difficile à mettre en œuvre en milieu urbain. Ces traitements, au moins le chimique, malheureusement préféré car les nématodes, organismes vivant sont beaucoup délicats à utiliser (notre laboratoire a fait partie de deux premiers laboratoires qui ont démontré l’intérêt des nématodes contre le CRP), présentent aussi le gros désavantage de nuire à l’entomofaune associée au palmier. Le traitement chimique difficile à appliquer entraîne bien évidemment un certain risque pour la santé (néanmoins réduit vu l’insecticide retenu) mais surtout pour l’environnement sur le point suivant : il est difficile d’éviter l’arrivée au sol de la solution insecticide. Avec des traitements aussi fréquents que ceux prévus pour assurer une bonne efficacité protective, il est probable qu’à la longue l’insecticide atteindra le réseau hydrologique. Or, l’inconvénient principal de cet insecticide est le risque qu’il présente pour la faune aquatique.

L’endothérapie présente l’énorme avantage d’éliminer les risques sur la santé et l’environnement puisque l’insecticide est confiné dans le stipe des palmiers et n’atteint donc pas l’entomofaune. Concernant les fruits qui pourraient être consommés par certaines espèces bénéfiques, il a été démontré depuis longtemps que les fruits de diverses espèces de palmiers ne contenaient pas de résidus d’insecticides quand les palmiers étaient traités par endothérapie. Aucun résultat n’est encore disponible pour le pollen mais on peut s’attendre à un résultat semblable. Par sécurité néanmoins, il a été proposé que, dans le cadre du protocole fixant les règles précises d’utilisation de l’endothérapie qui sera là aussi réservée aux seuls professionnels habilités, les inflorescences mâles des Phoenix canariensis susceptibles d’attirer les abeilles soient coupées.

Par ailleurs, l’INRA/station Phoenix, convaincu de l’intérêt de l’endothérapie pour éradiquer un insecte qui sévit, chez nous, en milieu urbain, travaille depuis quelques années sur la persistance d’action d’insecticides introduits dans le stipe ainsi que sur la mise au point de méthodes simples, rapides et peu coûteuses d’introduction de l’insecticide. Les derniers résultats obtenus répondent parfaitement à ces objectifs avec une persistance d’action d’un an (donc un seul traitement à l’année !) et une méthode d’introduction qui ne nécessite qu’un équipement extrêmement simple.

En raison de la dimension pris par l’extension du CRP, particulièrement l’année dernière, il devient impératif d’empêcher une nouvelle vague de multiplication exponentielle dès ce printemps sinon le point de non retour sera probablement définitivement atteint cette année. Dans ce conteste, compter sur la découverte d’auxiliaires capables de faire face à cette situation explosive et d’extrême urgence est hélas tout à fait illusoire. Par contre, le traitement mis au point par l’INRA devrait permettre de traiter rapidement et à un coût très accessible les Phoenix canariensis des zones infestées et d’obtenir assez vite la régression du CRP. Le problème à ce stade n’est plus technique mais de mobilisation des municipalités et des particuliers ainsi que d’organisation pour ne plus intervenir au cas par cas mais secteur par secteur. Les jours de nos palmiers sont comptés mais il n’est pas encore trop tard si l’on fait vite.

 Michel Ferry

 A Elche, le 8/02/2012

 

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