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La gloire flétrie du palmier

dimanche 16 août 2015 - Rédaction SNP

Le titre de Remi Barroux fait mouche. Son analyse sur l’origine de l’infestation opportunément conduite à partir d’Elche (SP) la Mecque européenne du palmier, est pertinente. Végétal le plus répandu de la planète, d’une rusticité exceptionnelle, aux qualités ornementales extraordinaires rien ne semblait menacer la gloire du palmier . A un point tel, qu’il était devenu presque une espèce envahissante pour le plus grand profit les pépiniéristes. Les Maires et leurs paysagistes sans imagination en faisaient un usage immodéré limité à une ou deux variétés au grand dam des vrais collectionneurs de palmiers.

 Et voilà que, par l’action d’un coléoptère simplement privé des conditions de sa régulation par un champignon entomopathogène, les paysages du sud de l’Europe où l’ornemental le dispute à l’agricole, se trouvent bouleversés. Ultime catastrophe le charançon s’est attaqué en priorité à la variété du Phœnix le plus imposant, le plus majestueux autrement appelé le palmier Roi, présent en France depuis la seconde moitié du XIXe siècle, fierté de nos aïeux.

Aurions nous pu éviter cela ? Remi Barroux reprend l’argument d’un manque de vigilance sur les importations, nous ne le suivrons pas vraiment sur ce plan. Le blocage des importations sur le long terme est impossible autant que la détection certaine de la présence du coléoptère, sauf une irréaliste quarantaine .

 En France, les scientifiques avancent avoir tiré la sonnette d’alarme dès 2005. Fallait-il –tirer plus fort puisque l’arrêté fondateur de la lutte date du 21 juillet 2010 ! Cet arrêté est un bon texte que d’autres pays européens nous envient. Le problème est qu’il eût fallu qu’un comité ad hoc, ouvert à la recherche appliquée et à la société civile en contrôle l’application et l’améliore au fil du temps. Beaucoup plus grave, globalement cet arrêté n’a été respecté, ni par les particuliers ni par les collectivités. Dès lors, la catastrophe était inévitable. l’État n’a pas été au-delà de la rédaction des textes, se désintéressant en quelque sorte du terrain.

 On a donc beaucoup de réticence à lui donner un satisfecit . Cependant, au cabinet du ministre, Anne Laure Fondeur comme Emmanuelle Soubeyran à la DGAL, confirment la détermination française de conserver le cap de la lutte obligatoire. Il n’y a rien de plus important.

Sur le terrain, il n’est jamais trop tard pour mieux faire : la DGAL ayant décidé en juillet 2013 de restructurer la coordination de la lutte dans le cadre de comités régionaux de pilotage. Malheureusement un seul (pour PACA) a vu le jour en novembre 2014, et on ne lui connaît pour l’instant aucune progéniture institutionnelle ou réglementaire.

Rémi Barroux nous fait ensuite l’honneur d’évoquer notre association et son président ce qui est très gratifiant dans un support aussi prestigieux que Le Monde. D’ores et déjà nous recevons les dividendes de cette "notoriété" par plusieurs appels de chaînes de télévision qui veulent traiter le même sujet.

 Nous sommes en effet particulièrement partisan de la stratégie numéro 3 à savoir la mise en œuvre par endothérapie de la molécule insecticide la plus récente, l’EMAB, associée à des co-formulants garantissant son transport rapide et une présence de longue rémanence dans le cœur du palmier. Le taux exceptionnel d’efficacité revendiqué sur plusieurs milliers d’injections permet d’être à nouveau optimiste sur l’issue de cette lutte.

 Bien sûr, il y a encore beaucoup de problèmes économiques et de concurrence à régler, il faut aussi que la recherche se mette réellement en marche pour assurer à terme de cinq ans la transition vers des outils de bio-contrôle. Mais l’espoir a changé de camp...

Alors, ayons l’impertinence de penser que le titre du prochain article de Rémi Barroux pourrait être

" Quand le palmier phoenix renaquit de ses cendres"....

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