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L’indépendant

dimanche 8 avril 2018 - Rédaction SNP

 Nous n’avions pas envisagé de commenter cet article, mais comme il fait inexplicablement le buzz sur Mention sans doute parce qu’il se présente faussement comme une nouveauté, nous lui consacrons quelques lignes, malheureusement assez peu amènes pour l’auteure.

 Le produit a quatre ans d’âge, élaboré par la multinationale SYNGENTA. Ses commerciaux en ont rêvé mais il n’est absolument pas bio et certainement pas un vaccin ! C’est un produit phytosanitaire hard qui n’a reçu difficilement son AMM que parce qu’il était administré en endothérapie. Le nombre des applicateurs est très restreint. L’article ne donne aucune explication sur la politique tarifaire de la firme : il est vrai incompréhensible. Cette stratégie qui a tout de même une efficacité comprise entre 75 et 90 %, a une durée de vie limitée. On s’accorde généralement à penser que faire 4 trous par an de 8 mm et 30 cm de profondeur, dont les plaies d’injection ne cicatricent pas mais nécrosent, ne peut pas durer au-delà de quatre ans. Voilà qui relativise la solution miracle.

 

 Environnement
Céret : un vaccin bio pourrait éradiquer le charançon rouge du palmier

Le bio insecticide pourrait sauver les palmiers de l’arc méditerranéen.

Les palmiers du pays catalan sont en danger. Du Barcarès à Argelès-sur-Mer en passant par Céret et Perpignan, ils sont attaqués depuis quelques années par le charançon rouge. Apparu en France en 2006, cet insecte parasite pond ses larves dans le cœur du palmier qui s’en nourrissent et finissent par le tuer. En moins de dix ans, il s’est propagé sur l’ensemble de l’arc méditerranéen. Depuis un arrêté du gouvernement datant de juillet 2010, toutes les collectivités locales ont l’obligation de « surveiller » et même « d’éradiquer » le charançon. Chez nous, des centaines et des centaines de foyers ont déjà été signalés puis abattus ou assainis.
Infusion

S’il existe plusieurs solutions pour venir à bout du charançon comme la pulvérisation d’un insecticide de synthèse sur la tête des palmiers ou bien l’utilisation des nématodes toujours en pulvérisant, une alternative pourrait séduire bon nombre de personnes : l’injection d’un insecticide directement dans le cœur de l’arbre. « On fait deux trous dans le tronc à un mètre et une seule fois par an », explique le Cérétan Camille Coste, ancien directeur du centre de phytopharmacie de l’université de Perpignan.

C’est Michel Ferry, chercheur de l’Institut national de recherche agronomique (Inra) et directeur de la station de recherche Phœnix d’Elche en Espagne et son équipe qui ont mis en évidence l’efficacité d’un bio insecticide naturel l’émamectine commercialisé sous le nom de Revive. « Ce bio insecticide à moindre coût est issu d’un procédé de fermentation de Streptomyces avermitilis, bactéries présentent dans le milieu naturel et en particulier dans les sols et déjà connues pour la production d’antibiotiques », précise Camille Coste. « Les résultats ont été tellement probants que le ministère de l’Agriculture a autorisé son application dès mars 2014, suivi par l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et depuis 2016 par l’Agence nationale de sécurité alimentaire, de l’environnement et du travail ». Cette stratégie est également soutenue par l’Inra, la FredonPaca (Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles) et France nature environnement. « À ce jour cette stratégie est reconnue la plus efficace, la plus économique et la plus respectueuse de l’environnement avec un seul traitement par an alors que les deux autres procédés nécessitent un traitement mensuel d’avril à septembre selon les années ».
Lutte collective

De nombreuses communes des Alpes-Maritimes, du Var et des Bouches-du-Rhône ont adopté cette méthode. « On peut citer la ville de Vence comme référence dans la mise en place de cette stratégie de lutte ». Camille Coste a mené « son enquête » au niveau départemental. Et le constat est sans appel : « J’ai constaté que les techniques de traitement mises en pratique par la grande majorité des communes des Pyrénées-Orientales se résument à l’utilisation de l’insecticide Confidor qui sera interdit d’usage à partir de 2020, ou les nématodes et ou un mélange des 2 traitements ». Quant à la technique du Revive, son usage, s’il existe, semble très confidentiel. « Pour éradiquer ce fléau tout en protégeant l’environnement il faut mettre en place une lutte collective coordonnée de grande ampleur avec ce produit qui est le seul, pour l’instant, à répondre aux exigences environnementales », conclut Camilel Coste, bien décidé à mener la fronde contre le charançon rouge.

Mathilde Contiéh

http://www.lindependant.fr/2018/04/07/un-vaccin-bio-pourrait-eradiquer-le-charancon-rouge-du-palmier,3914397.php

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