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L’édito de septembre

vendredi 7 septembre 2012 - Rédaction SNP

"Je trouve que nous avons pris un temps de retard en matière de prévention et d’information du public, à l’adresse de propriétaires ou non de palmiers dans notre pays. Il est temps de combler cet écueil car faute d’une campagne d’information large du public démontrant les ravages des palmiers parasités et faisant état des moyens de lutte en vigueur ou envisagés pour lutter contre ces parasites, ( ce qui aurait pû prendre la forme de brefs spots d’information télévisés au plan régional ou national), cela nous placerait dans une situation moins déplorable que celle que nous connaissons pour un pays qui se veut enclin à défendre l’intérêt paysager que procurent les palmiers dans nos contrées littorales et méditerranéennes, et pour vous tous mes amis qui avez le palmier à coeur. Car sans excès de pessimisme, ni d’alarmisme, sachez bien qu’il y a le feu dans nos jardins, dans nos villes, nos quartiers, notre littoral ! Les ravageurs gagnent indéniablement et partout du terrain et des palmiers meurent encore en nombre inquiétant. Vous en voyez, de trop nombreuses silhouettes décapitées ici ou là dans l’espace public ou privé et de nombreux stipes se transforment soudainement en totem là où il y a peu ils étaient encore resplendissants.

Aussi, nous appelons de nos voeux les pouvoirs publics pour que soit lancée sans délai une vaste campagne médiatique d’information du public, indispensable à la prise en charge nécessaire du problème étant donné son ampleur actuelle.

La lutte contre le papillon palmivore et le charançon rouge c’est l’affaire de tous. Aussi il nous faut impérativement examiner circulairement toutes nos sujets de toutes les variétés en vue d’activer le plus tôt possible leur protection . Je sais, et je m’en félicite, que plusieurs d’entre vous ne m’ont pas attendus pour le faire. Tant mieux ! Vous devez examiner vos palmiers “ sous toutes leurs coutures “si je puis me permettre. Je tiens à votre disposition des diaporamas sur les attaques de paysandisia Archon sur chamaérops et washingtonia. Il faut également faire pratiquer l’injection de produits homologués (insecticides agrées) dans chacun des trous ou des galeries forées par les larves pour anéantir celles encore présentes ou bien faire appliquer les traitements adéquats à base de vers microscopiques, prédateurs naturels des larves”. Mais attention : ces méthodes de traitements sont alternatives !!!. Elles ne doivent en aucun cas être pratiquées en même temps car cela pourrait être nocifs pour les nématodes !

Le produit actif, lorsqu’il est employé, doit atteindre la cible et son injection dans la galerie est alors nécessaire jusqu’à refus. Il est le plus souvent nécessaire pour réussir cette opération de pratiquer un début d’assainissement mécanique à hauteur du bourgeon apical.
Par chance, si le palmier n’est pas très élevé, ce traitement peut être opéré depuis un escabeau ou une échelle. Je vous laisse imaginer toute la difficulté qui est celle rencontrée dès lors que l’arbre mesure plusieurs mètres de hauteur. Déjà ne serais-ce que pour examiner la lance avec ses micros galeries naissantes ,dissimulant peut-être déjà de féroces attaques peu visibles depuis le sol .
Ensuite, pour peu que le palmier ait pris un peu de hauteur, et qu’elles que soient les mesures prophylactiques de traitement préconisées actuellement en France par les autorités habilitées, il faudrait alors louer des services d’un applicateur encordé ou bien utiliser la location d’une nacelle lorsque l’accès du terrain au palmier permet la manoeuvre d’un tel engin pour faire pratiquer les traitements préventifs ou curatifs nécessaires. Imaginez la facture ! salée !.
Malheureusement ces surcouts occasionnés par ces techniques de lutte, - les seules autorisées actuellement (hormis la pratique de l’injection à titre expérimental en TPM) , impliquent un traitement à la couronne des arbres. Un tel impératif associé à l’absence d’une campagne d’information large du public traduit “un échec sur la méthode”, si je puis dire, car peu de gens, faute de moyens pécuniaires suffisants et d’information sur les ravageurs, n’optent pas pour ces méthodes là et se préoccupent encore assez peu de leurs arbres potentiellement malades. D’ailleurs, l’extension grandissante des zones d’infestations est la traduction patente de cette carence . Les ravageurs ne sont toujours pas sous contrôle dans nos régions méditerranéennes à l’heure actuelle. Et pourtant une solution indéniable existe pour contrôler les ravageurs...
Voilà pourquoi, nous allons engager de multiples interventions auprès des responsables du monde de l’agriculture pour qu’ils entendent l’extrême urgence qui nous est faite en vue de la reconnaissance, et de la règlementation à grande échelle dans notre pays de la pratique de l’injection systématique (endothérapie) à hauteur d’homme dans les stipes, avec des substances actives à plus forte rémanence.
Il n’y a aucun risque de lessivages de celles-ci puisque les produits sont directement confinés dans les stipes.
Je laisse le soin aux spécialistes de démontrer l’efficacité de l’endothérapie (ils l’ont déjà fait) et la faible incidence phyto-toxique sur la sphère environnementale à une telle pratique, déjà employée dans d’autres pays dans le monde ou même dans l’union européenne...
Un espoir d’importance est donc permis chers lecteurs et amis des palmiers car si nous obtenons rapidement des pouvoirs publics la règlementation générale de la pratique de l’endothérapie, celle-ci devra être très bien organisée, être limitée dans le temps, et pratiquée secteur par secteur et non au coup par coup, pour avoir toutes les chances de contrer avec succès les parasites dans leurs foyers d’infestations majeures. (confer à ce sujet les impressionnants travaux de notre biologiste, chercheur émérite Michel FERRY, ingénieur de l’INRA,directeur scientifique de la station PHEONIX à Elché (Espagne) sur cette technique de traitement du ravageur)
Voilà pourquoi l’endothérapie nous apparaît de plus en plus être la solution de la dernière chance pour tenter de sauver ce patrimoine végétal de sa disparition pure et simple, cher à nous tous, et qui si nous ne tentons rien de plus que ce qui est pratiqué aujourd’hui en France, pourrait bien entraîner la disparition de l’ensemble de nos palmiers à moyenne ou brève échéance, quelles que soient leur variété, leur taille ou leur vigueur.
Je vous remercie pour votre lecture attentive. On veut y croire encore !
Serge Balen"

* au moment où cette région précédemment très affectée par le paysandisia archon reçoit la première attaque significative de CRP voilà que le mortel papillon s’installe dans le Var !!!

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