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IBMA Paris 01/16

lundi 1er février 2016 - Rédaction SNP

Sur ce colloque IBMA (1) voici d’abord, ce qu’en dit Marc Mennessier, journaliste au Figaro, ingénieur agricole. 

"Au le 1er janvier 19 pour les particuliers (2017 pour les collectivités ndlr) toute utilisation de pesticides « chimiques » sera interdite. Quelles solutions alternatives sont alors disponibles pour venir à bout des ravageurs des plantes présents et futurs qui ne cessent de croître ? pyrale et maladies du buis, charançon du palmier, mineuse du poireau, drosophile asiatique.

La bouillie bordelaise ?

Ses qualités fongicides sont indéniables mais son label bio n’est pas non plus sans danger pour la santé et l’environnement. Les purins d’ortie et autres décoctions de plantes aucune preuve de leur efficacité.

Médiateurs chimiques ?

Depuis quelques années, beaucoup d’espoir sont placés, à juste titre, dans les produits dits de biocontrôle : insectes auxiliaires, bactéries et micro-organismes (nématodes), médiateurs chimiques (phéromones), substances naturelles. Le succès, déjà ancien, des insecticides Bt, extraits d’une bactérie, dans la lutte contre les chenilles phytophages.

le spinosad, secrété lui aussi par une bactérie et utilisé notamment contre le doryphore de la pomme de terre ou la mouche de l’olive. ( attention, ce produit est une fermentation considérée comme un produit phytopharmaceutique ndlr ) Mais il reste de nombreux « trous » dans la panoplie. Et il est illusoire de croire qu’ils seront tous comblés à la date fatidique.

Certes, « l’innovation est en marche » se réjouit Antoine Meyer, le président de l’association des fabricants de produits de biocontrôle (IBMA) qui tenait son assemblée générale mardi à Paris. Ces dernières années, le nombre de brevets déposés (à 60% par des entreprises privées) a triplé et celui des demandes d’autorisation de mise sur le marché (AMM) devrait en faire autant d’ici à 2020. Par ailleurs 19 projets de recherches ont été sélectionnés l’an dernier par le ministère de l’Agriculture dans le cadre du plan Écophyto.
Autre motif d’espoir : un consortium de recherche public-privé sur le biocontrôle, rassemblant 20 entreprises, 15 institutions de recherche académique et 7 instituts techniques agricoles.
Sur le plan réglementaire, les produits de biocontrôle devraient également bénéficier prochainement du taux réduit de TVA à 10% et bénéficier d’un délai maximum de 6 mois pour l’obtention de leur AMM.

5% du marché

La bouillie bordelaise (ici appliquée sur tomates) est loin de protéger contre toutes les maladies.

Compte tenu de cet environnement particulièrement favorable, la plupart des observateurs s’accordent pour prédire que le biocontrôle qui ne représente aujourd’hui que 5% du marché de la protection des plantes, pourrait tripler dans les 10 ans. Des perspectives enthousiasmantes mais insuffisantes, là encore, pour répondre à l’échéance de 2019.

« Plutôt que de mettre une date buttoir, il aurait mieux valu supprimer les pesticides de synthèse au fur et à mesure de la découverte de leur équivalent bio » objecte Jacques My, directeur de l’Union pour la protection des jardins. Soucieux de plaire aux écologistes, le gouvernement qui n’est toujours pas parvenu, plus d’un an après le vote de la loi d’avenir agricole, en octobre 2014, à dresser la liste des produits éligibles à la mention « biocontrôle », court le risque de voir, le moment venu, nombre de jardiniers amateurs contourner la réglementation en s’approvisionnant à l’étranger, sur Internet ou auprès de leurs voisins agriculteurs (qui ne seront pas concernés par l’interdiction).

Bio intégral

Nombre de cultures pourraient également être purement et simplement abandonnées faute de remèdes adéquats pour les protéger contre leurs agresseurs. C’est notamment le cas du buis décimé par deux champignons parasites, Volutella buxi et Cylindrocladium buxicola, que seuls des fongicides chimiques de la famille des triazoles permettent, à ce jour, de contrôler efficacement. Sans compter que tous les jardiniers amateurs n’ont pas forcément la connaissance, la technicité ou tout simplement le temps de s’adonner au bio intégral.
Bref, le remède de cheval imposé par les pouvoirs publics pourrait s’avérer bien pire que le mal...

Avis SNP :

Nous avons été impressionnés par le succès de cette manifestation. Toute la profession était là, ce qui confirme l’intérêt primordial du sujet. Les grands industriels de la protection des plantes qui depuis longtemps s’intéressent également à cette filière étaient venus en force. Aucune entreprise française parmi eux. Notre savoir-faire et c’est bien un des principaux problèmes, est détenu par des entreprises beaucoup moins puissantes en recherche-développement.

 Si les stratégies bio représentent beaucoup d’avenir, nous partons de très bas environ 5 %.

 Le gouvernement fait preuve d’un grand déterminisme qui peut même aller jusqu’à un curieux syncrétisme père fouettard / méthode Coué . Cette chasse au phyto réservée pour l’instant aux particuliers et aux collectivités locales, veut aussi pénaliser à terme ( plan Ecophyto ) la distribution qui ne serait pas dans les clous, elle affectera donc également le monde agricole dont on sait l’extrême fragilité actuelle. Attention le mieux est l’ennemi du bien. Notons enfin, que ces ambitions manquent cruellement de moyens financiers. Nous avons relevé un chiffre de financement public de l’ordre de quelques millions d’euros pour aider la filière...... pas de quoi faire un malheur !

(1) Le cocktail à l’issue nous a permis de prendre de nombreux contacts mais pas de faire la connaissance de Bruno Ferreira nouveau Chef Service des actions sanitaires en production primaire du MAAF (dont les ZNA dépendent), retenu par des réunions sur l’épidémie de grippe aviaire.

https://drive.google.com/a/ibmafrance.com/folderview?id=0BwqyOuJlu4udem0xNExNYWoxelU&usp=sharing

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