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Hyéres, CRP : Lutte finale vs lutte totale

mardi 8 novembre 2016 - Rédaction SNP

On connaît la formule savoureuse " urgent, très urgent... trop tard !" Plutôt que de parler maintenant de lutte totale qui laisserait à penser que depuis 10 ans elle ne l’a pas été, chacun a son opinion là-dessus, il vaudrait mieux parler de lutte finale car nous approchons dangereusement de l’extinction de l’espèce, en tout cas de la variété Phœnix. 

Où en est la sauvegarde du palmier dans sa ville symbole appelée fin des années 2000, la ville aux 7000 palmiers. Combien en reste-t-il  ? Difficile de le dire exactement car les chiffres publiés ne sont pas fiables, ils confondent les palmiers publics et privés et les variétés (une quinzaine d’espèces présentes dominées par le Phœnix Canariensis autrement appelé, le palmier d’Hyères ). Lors du colloque AFPP de Nice en janvier 2013 la représentante de la ville déclarait " En 2007 on comptait 2 300 Phoenix sur les avenues et espaces verts communaux et 256 en culture au centre de production horticole". Fin 2016 la mairie parle ici de traiter tout son patrimoine Phoénix avec # 1000 injections. Voilà qui fixe les idées...

Hyères vient de décider une stratégie de préférence à toutes les autres, ce qu’elle refusait jusqu’à présent. Elle le fait certainement en toute connaissance de cause en tout cas, sans difficultés budgétaires particulières. En effet, la firme a tout simplement divisé par deux un prix âprement négocié l’an passé. Pas de génie commercial cette fois-ci, la firme Syngenta a déjà consenti le même tarif à la communauté agglomération CAVEM Var Est. Ce prix est étendu aux hyérois, difficile de faire autrement. En effet, comment Syngenta aurait-elle pu maintenir 258 € ttc tarif général alors même qu’elle demandait 72 € ttc à la ville ? Nul doute que la ville aurait alors décidé de traiter en régie à 30 € en offrant aux hyérois la prestation injection qui est un geste très simple.

Nous savons que ce nouveau prix a énormément et très agréablement surpris. Rappelons que lors de la longue période de gestation de l’AMM le prix indicatif qui avait fuité était autour de 150 €, mais qu’au démarrage de la commercialisation, Syngenta avait cette fois, très désagréablement surpris les propriétaires palmiers en demandant 366 € ttc pour une injection. Comme nous l’avons déjà écrit, tout ceci est assez illisible au plan marketing. Mais ne boudons pas notre plaisir.

L’article de VM parle d’une mobilisation des CIL sur ce sujet. Nous voulons les rassurer. A ce prix-là il n’auront rien à faire personne à convaincre car la mise en œuvre des autres stratégies de l’arrêté du 21 juillet 2010 conduit à un prix moyen qui n’est pas inférieur à 4 à 500 € par palmier. Au plan pratique il suffira que la firme comme n’importe chez quel médecin généraliste, organise avec ses applicateurs des rendez-vous par Internet : l’affaire est un jeu d’enfant. Par contre si les CIL ont de l’énergie à revendre, nous leur suggérons de monter des réunions d’information sur le Paysandisia ( qui n’est pas un insecte en lutte obligatoire). SNP qui prépare pour 2017, en coproduction avec la Fredon Paca, une conférence sur ce sujet à Draguignan, peut leur donner un coup de main. 

Dans ce tableau idyllique, il faut tout de même c’est le rôle de SNP, rappeler des choses moins agréables :

1- la nécessité d’effectuer le rabattage des inflorescences . annexe A arrêtée du 21 juillet 2010 "A l’exception des traitements effectués en cultures protégées non accessibles aux pollinisateurs, les inflorescences de tout palmier traité par pulvérisation foliaire ou traitement du sol avec des préparations insecticides à base d’imidaclopride ou en injection par des préparations insecticides à base de benzoate d’émamectine doivent être coupées et éliminées durant le traitement et à leur émergence durant l’année qui suit le traitement CQFD Coût estimé très variable selon la localisation et la hauteur du sujet. fourchette 150 - 300 € TTC. Il faut ajouter que Syngenta dans le cadre de ses travaux concernant l’utilisation du Revive dans les palmeraies de production avait semble-t-il apporté la preuve qu’il n’y avait pas de résidus de la molécule dans les dattes. Sous réserve qu’on puisse avoir le même raisonnement pour les fleurs, il est à souhaiter que de tels arguments puissent conduire à une modification de l’arrêté de lutte en France.

2- le sort de l’adjuvant THFA  ne perdons pas de vue l’avis Anses du 26 février 2016 « relatif aux traitements à mettre en œuvre dans le cadre de la lutte contre le charançon rouge du palmier. » " Par ailleurs, compte tenu de la présence dans la préparation REVIVE du solvant, alcool tétrahydrofurfuralique (THFA), qui est classé pour ses effets sur la fertilité et le développement Repro. 1B H360Df selon le règlement (CE) n°1272/2008 modifié par le règlement (UE) n°605/20141, l’Anses demandait que le pétitionnaire procède à la substitution de ce co-formulant dans un délai d’un an". L’Anses propose de classer le THFA comme toxique suspecté pour la reproduction. https://www.anses.fr/fr/content/lanses-propose-de-classer-le-thfa-comme-toxique-suspect%C3%A9-pour-la-reproduction

Rappelons que l’AMM de ce produit est du 24/03/2014 et on peut penser qu’il s’agit d’une obligation de résultat et non pas de moyens surtout avec de tels délais. Heureusement, que les écologistes ont d’autres préoccupations électorales en ce moment !!! donc il est urgent de sortir de la zone de risque.

Conclusion pour les lecteurs de VM. Très urgent mais pas trop tard. Attention ces remarquables conditions tarifaires ne font pas oublier la nécessité de mettre au point un véritable plan de lutte intégrée IPM ( extension du traitement obligatoire, gestion des propriétaires négligents ou impécunieux, stratégie de piégeage général reporting scrupuleux et public de l’efficacité des traitements, financement et encouragement des alternatives biologiques , de la détection précoce....).
 

 

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