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Emoi dans les Alpes Maritimes

mercredi 27 novembre 2013 -

La situation dans les Alpes Maritimes ne cesse d’empirer. On ne peut absolument pas affirmer qu’elle s’améliore ou qu’elle est sous contrôle : c’est malheureusement tout le contraire.

Le premier foyer d’Antibes atteint maintenant des dimensions terrifiantes : ce foyer recouvre désormais les communes d’Antibes, Juan-les-Pins, Biot, Golfe Juan, Vallauris, Cannes et Le Cannet. Cette situation est le résultat de la faiblesse ou de l’absence totale d’actions pour éviter la dispersion du ravageur et nous sommes forcés de constater que cette situation s’aggrave de jour en jour et devient hors de contrôle.
 
En effet, tous les jours, de nouveaux palmiers sont attaqués, et ceux qui l’étaient déjà s’affaissent et pourrissent chaque jour un peu plus, libérant des centaines de nouveaux charançons libres d’aller infester de nouveaux palmiers.
 
Nous voici donc face à un constat indéniable d’échec absolu, que nous avions malheureusement prédit avec précision. Le charançon commence même à dévorer les palmiers de la Croisette sans que cela ne suscite la moindre inquiétude ! Il est plus que temps de réagir immédiatement et de prendre les bonnes décisions, avant que la "Palme d’Or du festival de Cannes", le "Palm Beach", le logo du Conseil Général des Alpes Maritimes ou encore le nouveau réseau de transports en commun cannois "Palm Bus" (c’est un comble) ne deviennent complètement dénués de sens, tristes témoins d’un lointain souvenir.
 
Je rappellerai, car beaucoup de gens ne semblent pas réaliser l’ampleur du drame, que le charançon, à la base consommateur contrôlé de palmiers sauvages dans son habitat naturel, ne s’arrêtera pas aux Phoenix ! Inutile de se réfugier derrière les Washingtonia, ils seront dévorés aussi. Tout comme les Butia, Brahea, Jubaea et toutes les autres espèces de palmiers. Cela n’est plus à prouver car c’est déjà une réalité dans d’autres pays et dans le Var.
 
Une autre chose qu’il est bon de préciser, pour toutes les personnes qui se disent que de toute façon le palmier n’est "pas endémique d’ici". Premièrement c’est faux concernant le "Chamaerops humilis" qui est un palmier endémique en France et protégé de surcroît. Deuxièmement le palmier acclimaté il y a plus d’un siècle est devenu partie intégrante du paysage dans de nombreuses villes au point de constituer un patrimoine de très grande valeur. Sa disparition va directement (arrachage, remplacement) et indirectement (dégradation du paysage, perte de patrimoine) contribuer à la disparition d’un atout touristique majeur.
 
C’est pour cela que face à une situation aussi catastrophique et urgente, nous ne pouvons nous contenter d’une stratégie basée sur une lutte 100% biologique qui n’est plus à la mesure de la dimension prise par les foyers. Traiter tous les mois les dizaines de milliers de palmiers maintenant menacés est totalement irréaliste.

Pour couronner le tout concernant les Alpes Maritimes, un foyer prend de l’ampleur à Cagnes-sur-Mer, où la Mairie qui se réfugie derrière des arguments juridiques un peu simplistes pour justifier sa passivité face à la présence de palmiers infestés dans le domaine privé et où le SRAL qui fait preuve d’une incroyable lenteur administrative, contribuent à laisser les charançons proliférer pendant que les dossiers et autres courriers errent dans les rouages de l’administration.
 
Autre foyer inquiétant dont la municipalité n’arrive pas à freiner la progression : celui d’Eze-sur-Mer. À noter que Saint-Jean Cap Ferrat a maintenant également son foyer depuis peu.
 
Voilà Nice prise dans un étau... Espérons qu’ils fassent mieux que les autres, mais étant donné que la ligne directrice est encore une fois la lutte biologique, nous pouvons malheureusement ouvrir les paris sur un désastre sans précédent sachant les dizaines et les dizaines de milliers de palmiers qu’elle possède !
 
Pour terminer, l’autre menace que personne ne voit venir : le foyer Italien de charançons de Sanremo-Bordighera-Vintimille qui se situe maintenant à 5 kilomètres seulement de Menton, cette magnifique ville au patrimoine botanique inestimable et renommé à travers le monde et depuis des siècles !
 
Désormais tout le monde est plus que prévenu, et chacun doit prendre ses responsabilités afin d’éviter de faire partie de la liste, déjà grande, de ceux qui ont échoué.
 
Afin de vous aider à réaliser l’ampleur de la catastrophe, voici une cartographie du charançon rouge du palmier dans les Alpes Maritimes au 24 novembre 2013, que j’ai réalisée à force de multiples explorations.
 
En dehors de la perte injustifiable et terriblement coûteuse d’un patrimoine de très grande valeur, dont nos administrations en raison de leur passivité ou leur lenteur à réagir auront à assumer l’entière responsabilité, il est un autre point sur lequel leur responsabilité morale et pénale risque d’être engagée : la chute brutale et imprévisible de palmiers infestés par le CRP peut se produire à tout moment. Jusqu’à présent, ce n’est que par miracle que les chutes qui se sont produites n’ont pas entraîné mort d’hommes. Avec la multiplication exponentielle du nombre de palmiers infestés, si des mesures sérieuses ne sont pas enfin prises pour contrôler ce ravageur, la probabilité qu’un accident mortel se produise augmente de jour en jour.

Nos administrations en sont informées. Elles seraient impardonnables de ne pas prendre les mesures d’urgence qui s’imposent, réclamées déjà depuis plus de trois ans.


Q.D


 

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