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ECHOPHYTO 2 : Ça coince ....

samedi 31 janvier 2015 - Rédaction SNP

C’est ici, la leçon d’objectifs irréalistes tout simplement parce que les solutions alternatives, efficaces et économiquement compétitives n’existent que dans un nombre beaucoup trop limité de cas. Par ailleurs, vouloir financièrement pénaliser la distribution n’est ce pas un risque de commerce parallèle.

Contrairement au think tank " Générations Futures" il ne faut pas, sauf exception, jouer le père fouettard mais s’atteler à une tâche à long terme : susciter des filières industrielles solides avec les industries du bio contrôle. Sans esprit polémique, moins d’imprécations, plus d’action. 

30 janvier 2015 ·Source TVAGRI

 

ECOPYHTO 2 : JUSTIFIER, DÉCALER, TAXER ET INVENTER UNE NOUVELLE USINE À GAZ !

Après avoir tenté d’expliquer que Ecophyto n°1 n’était pas un échec, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, a préféré lancer le plan Ecophyto n°2. Cette nouvelle version, avec une « deadline » retardée de 7 ans, mais aussi un prélèvement accru d’argent sur les industriels et distributeurs de produits phytos, témoigne au final d’une forme d’impuissance.

Six ans après la première version du plan EcoPhyto, les pouvoirs publics n’ont pu que constater leur échec de réduire de 50% l’emploi des pesticides entre 2008 et 2018. À travers ce nouveau plan, l’objectif est donc principalement ( et toujours) la réduction de 50% de l’usage de produits phytos, mais désormais pour 2025. Un sous-objectif a été défini avec 25% de réduction pour 2020.

Stéphane Le Foll a souhaité faire preuve de réalisme en espérant engager 1 exploitation sur 2 sur la voie de l’agrobiologie, d’ici 2025, et en a profité pour dégager un budget de 30 millions d’euros supplémentaires - via l’augmentation de l’assiette de la redevance pour pollution diffuse - qui vont s’ajouter aux 40 millions d’euros du budget actuel.

En parallèle Stéphane Le Foll a annoncé la création du Certificat d’économie de produits phytos (CEPP). L’idée est de monétiser la réduction des utilisations de produits phytos à l’instar du feu marché des certificats carbone…. qui n’avait justement pas marché !

Le principe est de demander aux distributeurs de produits phytosanitaires de diminuer de 20% leurs ventes de produits phytos. Ceux qui n’y arriveront pas seront sanctionnés par des pénalités tandis que ceux qui les diminueraient au-delà des 20% pourraient bénéficier d’une sorte de monétisation de « l’effort consenti ». Mais tout cela reste encore à définir.

Le Ministère a par ailleurs publié une enquête – visant à se rassurer- comme quoi les agriculteurs s’engagent en faveur de l’environnement. Mais qui dirait le contraire ! Au final, après cette intervention du Ministre de l’agriculture, il semblerait que toute réduction d’intrants est surtout déterminée par l’arrivée et l’exploitation de nouvelles solutions technologiques ou de nouvelles exigences du marché.

Les réactions

La Coordination Rurale estime que « le deuxième plan est encore plus mauvais que le premier » ! Et précise : « Après l’échec cuisant d’Ecophyto, Stéphane Le Foll n’a toujours pas compris que l’objectif de réduire de 50 % l’utilisation de produits phytosanitaires n’était pas tenable. Il récidive aujourd’hui avec un nouveau plan qui vient décrédibiliser son projet d’agroécologie ».

Orama (qui fédère 3 associations spécialisées de la FNSEA) estime que « plutôt que d’accumuler les réglementations et réduire arbitrairement les quantités de produits phytosanitaires il faudrait une démarche de gestion des impacts des phytos via l’innovation technologique. »

L’Association Française des Biotechnologies végétales (AFBV) a souhaité réagir en regrettant que « la solution des plantes génétiquement modifiées (OGM) n’ait pas été retenue pour diminuer l’utilisation des insecticides dans la protection de la culture du maïs » alors que, selon elle, « les résultats auraient été immédiats ».

L’UIPP (Union des Industries de la Protection des Plantes) met elle en garde contre « une pression fiscale disproportionnée [qui] aurait pour effet de creuser encore davantage le déficit ».

Le Collectif « Sauvons les Fruits et Légumes » estime que « le Ministre devrait s’occuper des vrais problèmes du monde agricole », à savoir, « les difficultés économiques auxquelles doivent faire face bon nombre de producteurs pour assurer la pérennité de leur activité, la sur-règlementation, sans oublier les contrôles incessants de l’administration ».

Du côté de l’association Générations Futures, on juge que ‘si on veut vraiment faire évoluer le système, et atteindre cet objectif de 50%, il faudra tout mettre en œuvre pour contraindre et accompagner les filières vers des systèmes, réellement alternatifs.

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