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CRP et PA nouvelles vedettes d’un scénario catastrophe....à épidodes

mercredi 19 décembre 2012 - Rédaction SNP

Sans doute alertés par une opinion publique qui commence à s’interroger sur les responsabilités dans la catastrophe écologique qui est sous nos yeux, les auteurs et la presse s’emparent du sujet. En ce mois deux articles dans chacun des grands supports de la presse spécialisée LE LIEN HORTICOLE et PHYTOMA.

 A tout seigneur tout honneur, citons en premier Michel Ferry que nous interrogeons souvent . L’article est publié dans la revue PHYTOMA de novembre 2012 section Recherche p38 "Charançon rouge du palmier, détection précoce et protection en Europe" co-écrit avec Susi Gomez

1/ CHARANCON ROUGE DU PALMIER détection précoce et protection en Europe

PHYTOMA   658 -11/2012 

Abstract de la rédaction :

Contexte : Depuis sa détection en France en 2006, le charançon rouge du palmier (CRP) se comporte en organisme invasif mortel pour les palmiers d’ornement, notamment le palmier des Canaries Phoenix canariensis.

Notre expérience acquise sur ce ravageur remet en question sur plusieurs points essentiels les informations diffusées depuis 2006, qui reposaient surtout sur des données relatives à l’attaque du CRP sur d’autres espèces de palmiers. 

Distinction entre palmiers :
Il faut différencier d’une part les sujets de moins de 2-3 m ou plus
grands mais avec rejets ou blessés dans la partie basse du stipe et,
d‘autre part, les grands palmiers sans rejet ni blessure en partie
basse.
Les modalités et symptômes précoces d’infestation ainsi que
les traitements préventifs et curatifs sont très différents entre les
deux groupes. Le deuxième groupe, celui des grands palmiers sans rejet
ni blessures en partie basse (dont des
P. canariensis), est développé ici.
De la détection précoce au sauvetage :
Sur un grand palmier sans rejet, si l’infestation n’est pas liée à une
blessure en partie basse, des symptômes apparaissent de façon précoce au
niveau du feuillage.
L’article présente les divers types de
symptômes et des indications pratiques pour les détecter. La détection
précoce permet d’assainir le palmier infesté pour mettre fin à la
dispersion du ravageur ce qui est essentiel pour le maîtriser. Elle
permet aussi de sauver les palmiers infestés par notre technique
d’assainissement mécanique. La réussite de la détection précoce repose
sur un effort important et soutenu de mobilisation de tous les acteurs.
Traitements préventifs : Le
piégeage massif à l’aide de pièges olfactifs est très efficace mais peu
pratiqué en France. Les traitements préventifs actuellement autorisés
consistent en douches d’un insecticide chimique ou biologique ciblées
sur la base de palmes. Ils sont efficaces si bien réalisés et répétés
tous les mois. Vu l’extension prise par le CRP avant leur autorisation,
cette fréquence de réalisation, son coût et les difficultés
d’application rendent leur mise en œuvre irréaliste à grande échelle.
En revanche, une technique d’endothérapie permettant de protéger les
palmiers durant un an a été testée avec succès. Son autorisation
permettrait l’adoption d’une stratégie bien plus simple et moins
coûteuse que celle actuellement proposée qui n’est plus adaptée à la
dimension prise par les foyers de CRP depuis 2 ans.

NB : Nous ne pouvons pour l’instant publier cet article, mais en tant qu’abonné nous pouvons vous faire tenir un exemplaire du numéro complet pour la somme de trois euros frais de port en sus. Nous avons souligné le passage important , preuve selon nous que les choses évoluent et que les points de vue défendus depuis des années par Michel Ferry sont désormais mieux compris. 

2/ PALMIERS : deux ravageurs sous haute surveillance LIEN HORTICOLE 419 14/11/12 Avec l’accord de la direction du journal nous publions intégralement cet article de Cathy CALDUMBIDE alternature26.

L’article s’inspire très largement des débats de la journée PBI du 26 juin 2012 organisée à Montpellier par la structure Plante@Cité et plus particulièrement de la communication de Monsieur Nicolas André chargé de mission à la FREDON Languedoc-Roussillon.

 Nous voudrions faire quelques observations :

* l’exposition des cycles du PA et du CRP mériterait d’être plus claire, avec des schémas pour les deux espèces et pour tous les cycles. Ce point essentiel car le succès de la lutte tient à une connaissance extrêmement fine de la biologie des ravageurs. C’est d’ailleurs le premier objectif du groupe européen Palm Protect.

* le rappel du cadre légal est précis ; il conviendrait peut-être de donner la liste des départements dans lesquels la lutte contre le PA est obligatoire.

* les symptômes : notions déjà largement connues, un point intéressant, la détection des attaques de PA sur les Phœnix canariensis ( effondrement des palmes basses). La liste des symptômes est tellement fournie qu’un sujet qui les retiendrait tous serait malheureusement promis à la tronçonneuse sans autre débat.

* la détection précoce : éléments intéressants, l’absence de phéromone pour le PA et la notion de phéromones de courte portée. Les recherches en acoustique ont été souvent abandonnées il existe d’autres voies peut-être plus porteuses comme l’analyse des gaz par la spectrométrie de masse. Nous y collaborons.

* la protection : biopalm, les retours d’expérience que nous avons sont franchement mauvais mais nous serions preneurs des conclusions d’essai en conditions réelles. Quant à l’ensachage à défaut de construire une réplique de la Palm House du Royal Kew garden .......!

* le micro-ondes : encore moins convaincant je croyais que cela appartenait un certain folklore du passé.

* endothérapie : la technique mériterait une autre place. Elle ne fait l’objet d’aucune appréciation particulièrement sur ses résultats dans d’autres pays que la France.

* traitements aériens : parfaitement d’accord sur la nécessité de mieux coordonner les interventions avec les cycles des ravageurs. le Conserve vient d’être autorisé en France l’est en Corée-du-Sud depuis 1997 et aux États-Unis depuis 1998. Attention ce produit classé bio n’est pas insignifiant pour l’environnement et un usage massif serait dangereux.

* la lutte bio : Beauveria Bassiana. Il conviendrait d’abord d’avoir une étude solide sur l’efficacité de l’Ostrinil sur le PA en conditions réelles. Son extension directe ou sous la forme d’une souche variante au CRP donne lieu à des expérimentations interminables qui auraient mérité selon nous un encadrement INRA et ou CIRAD avec des budgets adaptés. Gros hiatus, si ce produit s’avère en définitive efficace il ne servira à rien, faute de combattants.

Les Nematodes steinernema carpocapsae. Mais quid du programme PAYSARCH qui a trois ans et demi et qui a été doté de moyens importants ? En curatif les résultats ne sont-ils pas catastrophiques puisqu’on lit sous la plume de Monsieur Nicolas André rapporteur de cette journée PBI organisée par Plante & Cité que pour le PA stratégie de printemps aucun résultat stratégie d’automne à réserver aux sujets peu atteints ??!! Mais nous serions surpris que ce programme ait laissé de côté le préventif pour les deux ravageurs. L’auteur ne nous donne aucune information ce qui serait pourtant du plus grand intérêt car, si nous en parvenons à stopper ses infestations c’est imperativement par une politique massive et systématique de prévention pour laquelle tout le monde se rend bien compte qu’en dehors de l’endothérapie l’utilisation des phytos en aérien dans les concentrations actuelles sur plusieurs années , n’est pas soutenable.

 L’auteur reconnaît, ce que tous les professionnels savent, que l’utilisation des nématodes en préventif est largement dépendant des conditions météo, de sorte qu’au problème de l’efficacité relative s’ajoute un problème financier compte tenu du coût très important de ces traitements.

 En conclusion et cela nous contrarie de la part de bons spécialistes de la question, Nicolas André conseille aux amoureux du palmier de ne pas tomber dans l’acharnement thérapeutique. Nous ne partageons pas ce point de vue. Certes les opérations d’assainissement mécanique sont complexes. Nous avons fait beaucoup de progrès mais il nous en reste encore à faire. Nous avons réussi à baisser le coût de ces interventions. Ne perdons jamais de vue qu’en renonçant à une opération curative d’un coût de 500 à 1000 € on engage une autre dépense celle de l’abattage dans les règles entre 1000 et 1500 € et surtout en dehors de tout problème affectif une perte de 15 à 20 000 € en valeur patrimoniale.

Pour éviter le curatif, Il faut améliorer considérablement l’efficacité du préventif, le rendre systématique, en faire baisser le coût, lutter contre les propriétaires négligents bref reprendre le contrôle d’une situation qui ne l’est plus. Enfin, Il existe encore de voies de recherche comme le génie génétique ou des procédés de libération contrôlée des pesticides pour lesquelles des travaux récents viennent d’être publiés.

 Tout devient urgent il suffit d’attendre.......


L’auteur avec laquelle par ailleurs nous échangeons très positivement nous a demandé un droit de réponse :
"bien cher monsieur
vous détournez , je pense involontairement les propos de Monsieur ANDRE de leur contexte je vous avais expliqué qu’ il s’adressait à un auditoire espaces verts et non de privé comme vous le supposez bien que les professionnels présents sont eux aussi des amoureux des palmiers . ce qu’a évoqué clairement Monsieur André ne sous entend pas du tout que les privés doivent laisser tomber. Il est possible dans une lutte dans un parc privé de veiller amoureusement sur 2 - 3 arbres
cela est trop preneur de temps et d’énergie au niveau d’un espace vert public "

 Dans le décembre 2012 du lien horticole mise au point mais nous restons sur notre faim en ce qui concerne les conclusions du programme paysarch sauf à comprendre que le programme ne souhaite pas conclure sur l’efficacité des vers nématodes sur le PA.








 



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