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Cartographie des palmiers , une fausse bonne idée de 2011

mercredi 31 août 2016 - Rédaction SNP

Dans son édition du 23/08, Var-Matin relate une lettre adressée à Jean-Pierre Giran par le conseiller technique du collectif CMSP collectif méditerranéen de sauvegarde des palmiers créé à Hyéres en juin 2015. Cette lettre n’est pas publiée mais se résume ainsi :

- le collectif prend acte du nouveau tarif hyèrois proposé par Syngenta : 72 € ttc. Il est en effet identique à celui de la CAVEM mais ici sans indication d’objectifs de volume sauf celui des palmiers publics estimé à 1000, de sorte que l’investissement pour la ville sera peu ou prou le même que l’année précédente.

- le collectif se plaint d’une campagne démarrant en mars 2017 il s’agit certainement de contraintes budgétaires. Par ailleurs les injections printanières sont réputées les plus efficaces car le produit est en place dans le bourgeon apical lorsque les larves y foncent .

- le collectif propose un recensement de tous les palmiers privés ( qui posent des problèmes techniques et financiers voir plus loin) avec l’objectif d’en suivre le traitement préventif par endothérapie par utilisation du produit Revive si on comprend bien, rendu obligatoire (?). A ce stade, il faut rappeler que la lutte contre le CRP est strictement encadrée par l’arrêté ministériel du 21 juillet 2010 qui prévoit trois stratégies possibles. La lecture du vade-mecum des collectivités publiées sur le site de la DRAAF PACA s’impose http://draaf.paca.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/CRP_-_Vademecum_collectivites_final_cle054b5a.pdf

(On y trouvera par ailleurs p 7 au paragraphe : associations de référence, les "Fous de Palmiers" et "Sauvons Nos Palmiers"). Le dispositif est sous le contrôle du SRAL assisté de la FREDON et en tant que de besoin par la collectivité concernée.

 Dans ces conditions, les propriétaires dans le respect de l’arrêté de lutte conservent évidemment toute liberté de traitement. N’oublions pas que le REVIVE est un produit phytopharmaceutique que certains propriétaires excluent par principe. Par ailleurs, la dernière campagne de traitement a révélé un taux d’échec de l’endothérapie compris entre 15 et 10% reconnu par la firme ce qui est loin d’être anecdotique pour un traitement mis en place à l’intérieur du végétal lui-même..... pas simple tout ça !

 Pour ce qui concerne la cartographie des palmiers, c’est un marronnier depuis l’arrêté de 2010. Nous reconnaissons bien volontiers avoir consacré du temps à cette époque à la discipline du S.I.G. Notre association est à ce titre membre partenaire du CRIGE centre régional d’information géographique de PACA à Aix-en-Provence. Mais nous avons constaté que la progression de l’infestation rendait les orthophotos très rapidement caduques et qu’un suivi régulier était hors d’atteinte au niveau financier. Que reste-t-il par exemple des orthophotos à 10 cm par pixel commandées il y a quelques années par la communauté d’agglomération de Nice, qui ont donné lieu à un comptage manuel de plusieurs milliers de palmiers ?

 Traditionnellement dans le domaine des photos aériennes s’opposent les concepts Google Earth et Géoportail http://www.commentcamarche.net/faq/5979-google-earth.   ; Les prises de vues par avion ( Géoportail le plus souvent) supplantant évidemment les images satellitaires ( Google Earth le plus souvent) . Mais le Var ne peut se prévaloir que d’une définition de 50 cm par pixel 2014 (voir tableau Géoportail 4/07). Si l’on veut aller au-delà permettant une reconnaissance fiable des types de palmiers ( hors de question de détection d’infestation qui est du domaine d’images HD prises par des drones), il faut aller à une définition de 10 à 15 cm par pixel en vue aérienne. Renseignements pris au CRIGE une telle campagne correspond à un budget compris entre 80 000 et 400 000 € hors taxes selon la taille de la commune. On voit bien ici les limites de cette bonne idée.

 Enfin, il ne suffit pas de cartographier le couvert végétal il faut encore gérer une campagne de prévention par injection ou par une autre stratégie sur plusieurs exercices. Il faut mobiliser des équipes complètes de collaborateurs formés. Les associations n’en disposent pas. On est en droit de s’interroger sur la capacité, la volonté et la légitimité de la mobilisation de tels moyens publics. Seules les firmes qui retirent de substantiels profits de la vente de leurs traitements devraient par un dispositif à imaginer, supporter financièrement le coût d’un tel suivi.

 A SNP on considère, qu’aujourd’hui la seule grande préoccupation doit être de faire cesser la politique marketing discriminatoire instaurée par la firme propriétaire du REVIVE qui ne peut raisonnablement plus continuer de proposer sans aucune raison des écarts de tarification de 258 € à 72 € entre les communes La situation est réellement devenue absurde, la tarification 72 € TTC doit immédiatement être étendue à toute le territoire national . A ce niveau de prix la réussite de la stratégie 3 n’a guère besoin de promotion.....

 

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